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Emglev Kevredel Breizh
Alliance Fédéraliste Bretonne

Difenn ar boblañs Vreton
Promoting the Breton people
Défense et promotion de la population Bretonne


ABP

LannCommuniqué

[Juin 2011]

Manifestation du 18 Juin à Nantes pour une Bretagne intégrale.

L'AFB-EKB est bien entendu solidaire avec toutes les organisations et les personnes qui luttent pour le RETOUR de la Loire Atlantique dans l'ensemble breton. En toute logique elle ne peut que récuser un découpage inique hérité du régime de Vichy et s'étonne de voir des organisations politiques, proclamant bien haut leur attachement aux valeurs républicaines, entériner jusqu'à ce jour un décret pris, faut-il le rappeler, sans aucune consultation des populations concernées. La Bretagne ne mérite pas ce traitement.

Ceci dit nous pensons qu'il est temps de s'interroger sur la façon dont Bretagne Réunie pense résoudre ce problème, problème qui concerne la Bretagne toute entière. Loin de méconnaitre l'attachement des instances dirigeantes de B.R. à défendre cette cause, l'AFB-EKB souhaite en faire l'un des enjeux de l'élection présidentielle de 2012 auprès de l'électorat breton en l'insérant dans une réflexion sur l'indispensable rééquilibration des territoires et leur attributions financières et décisionnelles face au "monstre parisien" et en partenariat avec Bruxelles.

pluennLETTRE OUVERTE AUX ASSOCIATIONS BRETONNES DE LOIRE-ATLANTIQUE.

[28 Septembre 2009]

Solliciter ou non les subventions auprès des dirigeants des P-d-L ?

Depuis quelque temps on s'interroge ici et là sur l'opportunité, pour les associations culturelles bretonnes, de solliciter des subventions auprès de la pseudo région P-d-L.
Le raisonnement premier consiste à dire: nous payons des impôts pour cette structure, il est donc juste d'en recevoir des fonds en retour. Et si cette façon de faire n'avait pour résultat que d'aller à l'encontre de l'un de leurs moteurs essentiels d'existence, à savoir la lutte pour le retour de ce département dans l'ensemble breton ? La question mérite d'être posée.

Que voit-on en effet se profiler dans le droit fil de cette politique ? La réponse est limpide. En vertu du principe que c'est le payeur qui décide, on en arrive petit à petit à accepter de mettre par ci par là le logo des P-d-L, à légitimer aux cotés des couleurs bretonnes un étendard hybride et à instaurer des usages. Autrement dit non seulement on pérennise un état de fait mais encore plus grave, on le cautionne. C'est bien ce que l'on observe, entre autres choses, au festival du livre de Guérande. Autre indice d'aveuglement: l'acceptation et l'officialisation d'une place de strapontin auprès des affaires culturelles des P-d-L, alors que l'on se targue de regrouper en Loire-Atlantique le plus grand nombre d'associations bretonnes de la péninsule. Quitte à jouer ce jeu c'est la majorité des sièges ou rien qu'il fallait exiger.

Il en découle que les structures et le personnel politique acharnés depuis des décennies à nier notre histoire, à affaiblir le potentiel économique et humain breton, bref notre capacité à prendre en mains notre destin, se retrouvent alors en position de mécènes proclamant leur largeur d'esprit et leur grande magnanimité. Ainsi notre identité se retrouve-t-elle affaiblie sur son propre territoire puisqu'elle nous est alors présentée, par les structures officielles, comme l'une des composantes, parmi d'autres, de cette soi-disant région des pays de la loire. Cette imposture sera d'autant plus valorisée qu'elle nous sera présentée aussi bien à usage interne qu'à l'international comme un modèle d'ouverture d'esprit, que dis-je une enviable exception. Habile moyen d'accroître sa légitimité donc sa pérennité. Et c'est bien là le danger.

On en veut pour preuve évidente les déclarations lénifiantes du baron Auxiette (PS) parues dans un article de Ouest-France du 12-13 septembre 2009, en page P-d-L bien sur. Nous citons: "La région est sans failles vis-à-vis de la Culture Bretonne. On a honoré toutes les demandes des associations culturelles et linguistiques. Je respecte le sentiment d'appartenance...mais il ne doit pas enfermer." Autrement dit non seulement le baron des P-d-L se donne le beau rôle mais en plus, mine de rien, il gratifie d'une note péjorative ( le risque d' enfermement !) les acteurs de cette Culture Bretonne.
Quant aux personnes des quatre autres départements bretons qui pourraient se sentir indignées, il n'y a pas de risque de les voir regimber puisque cette interview n'est passée qu'en page P-d-L.

Alors nous disons qu'il n'est que temps de sortir de l'ambiguïté. Il faut rompre avec cette collaboration douteuse parce qu'il y a là un problème de fond. Faut-il se prêter à la promotion d'une pseudo-région que nous combattons et qui s'apprête à faire un procès à de jeunes militants qui ont osé s'insurger contre elle ? Mendier les subventions d'une structure politique issue en droite ligne du régime pétainiste est indigne et ne peut que conduire à la soumission. D'autres voies de financement existent. Ainsi solliciter les subventions du département de Loire Atlantique est parfaitement légitime. Pourquoi ne pas aussi se tourner vers le Conseil régional B4 à Rennes. Plus généralement il faut sortir de la routine et imaginer d'autres moyens. Solliciter la diaspora et le monde industriel et marchand, par exemple. Autre piste: créer une Fondation Nationale Bretonne sur le modèle du Scottish National Trust. Il y là autant de voies nouvelles qui conduiront à accentuer la pression pour inciter le reste de la Bretagne à récupérer la portion de son territoire qui, faut-il le rappeler, représente 40% de son potentiel économique, culturel et humain. C'est donc un appel que nous lançons vers les dirigeants des associations concernées pour qu'ils se ressaisissent et renouent avec la glorieuse devise de notre pays:
"Potium mori quam foedari ","Kentoc'h mervel eget bezañ saotret".

LannRéunification: D'accord mais comment?

[Février 2009]

Depuis des décennies les organisations bretonnes -politiques ou culturelles, représentatives ou non- ont refusé avec juste raison le décret Pétain de 1943 qui amputait la Bretagne de la Loire Atlantique, espace géographique qui a joué ( et continue à jouer) un rôle considérable dans la vie économique, culturelle, sociale et politique bretonne. Le pouvoir central de l'époque, replié après la défaite de 1940 à Vichy, entendait affaiblir pour de bon l' irrédentisme breton. Le régime Pétainiste mettait ainsi en œuvre un vieux projet élaboré sous Napoléon III qui avait fait long feu. Les gouvernements politiques successifs -quelque fut leur couleur, il faudrait peut être le rappeler aux esprits crédules- n'ont fait que conforter cette décision prise sans aucune consultation des populations concernées. Ils l'ont confortée par étapes successives en nommant des hauts fonctionnaires à poigne comme feu le Préfet Vié (lire son livre de souvenirs très instructif sur ce sujet) ou encore lors de l'apparition des comités d'action économique régionaux, ancêtres de la loi Deffere pour les lois de régionalisation. Ces dernières ont permis de répondre aux "grincheux" que les nouvelles régions ( en l'occurrence pour nous Bretons la Bretagne rabougrie centrée sur Rennes et les soit-disants P-d-L avec Nantes promue "capitale" d'un ensemble hétéroclite et inidentifiable ) tenaient leur légitimité du suffrage universel. Basée sur une vision prospective toute technocratique des territoires on vit alors l' émergence d'une nouvelle "baronnie " avec pour personnage emblématique Olivier GUICHARD, bordelais bon teint, baptisé par un journal satirique "Le grand méchant mou". C'est ce "grand ancêtre" que viennent d'évoquer avec un unanimisme touchant l'actuel premier ministre François FILLON et le socialiste Jacques AUXIETTE, nouveau baron de ces improbables P-d-L évoluant avec doigté dans l'orbite de Madame ROYALE. Le dit AUXIETTE et le premier ministre semblent vouloir nous rejouer la scène emblématique du chancelier KOHL et du Président MITTERRAND, main dans la main, devant le mausolée de Verdun. Comme vient de le dire avec justesse l'universitaire nantais Goulven BROUDIC, on tente de construire " un mythe politique " à l'usage d'une institution régionale qui repose plus sur une propagande du style "bourrage de crâne" que sur une réalité vécue et ceci en piochant hardiment dans les poches du contribuable.
On n'aurait garde d'oublier le rôle obstructif joué, pour des raisons obscures, par les milieux de la Chambre de Commerce de Nantes.

Deux évènements récents pourraient remettre en cause ce beau scénario. L'un, jaillit d'en bas est la mise en examen de six jeunes gens à l'âme bien trempée, qui n'ont pas hésiter à braver les foudres du baron AUXIETTE. L'autre venu du sommet de l'état avec le discours de Nicolas SARKOZY devant l'assemblée des maires de France. En faisant référence et à la complexité des institutions et aux coûts que le mille-feuilles administratif entraîne , il a aussi posé le problème de la non pertinence de l'actuel découpage régional en s'interrogeant, entre autres, sur l' actuelle amputation du territoire breton.

Conséquences dans les partis "institutionnels"

L' UMP à Paris ne pouvait ni s'opposer ni approuver. L'UMP en Bretagne s'est déclarée pour la réunification et le député Le Fur apparaît certainement, tout en jouant sa "petite musique" peu parisienne, comme le partisan le plus déclaré de l'unité bretonne retrouvée.
Dans la nébuleuse dirigeante socialiste on observe que cette question est apparue comme hors-sujet. Évidemment on pourrait penser que accaparé par "le combat des Dames" le parti avait d'autres chats à fouetter. À y regarder de plus prêt on peut trouver une autre explication si on veut bien se placer dans une vision stratégique de la conquête du pouvoir présidentiel, vision qui domine plus que jamais la vie politique française. Donc première remarque: le PS contrôle 21 régions sur 22. Il n'a donc ni envie d'en perdre une ni non plus envie que leur nombre diminue. Seconde remarque: ses barons locaux tiennent férocement à leur siège. Examinons maintenant l'espace breton: Auxiette (baron PS) est à la tête des P-d-L et il n'a aucune envie de voir démembré son fief. Pas plus le député européen (PS) Vaugrenard élu de la circonscription de Saint Nazer. Quant à Jean Marc AYRAULT député-maire de Nantes il est aussi président du groupe PS au Palais Bourbon. Il sert donc à plein la vision stratégique de son parti et a un double intérêt de rester hostile à la réunification. D'aucuns diront " oui , mais le Président du Conseil Général, MARÉCHAL est pour la réunification". On pourra rétorquer qu'il est minoritaire dans la fédération socialiste de Loire Atlantique et il risque de ne pas être réélu. Dans une interview à la revue "Bretons" il vient d'ailleurs de déclarer que concernant la réunification son pouvoir politique s'arrêtait là. N'est-ce pas là avouer implicitement qu'il est hors jeu ? Du coté Bretagne B4 on observe ces derniers temps une curieuse involution du discours de Jean Yves LE DRIAN . Ne vient-il pas de déclarer que " le problème n'est pas temps celui de la réunification que de demander auprès de Paris de nouvelles compétences". Fort bien mais pourquoi ne pas demander plus de compétences ET LA REUNIFICATION ? La réponse réside sans doute dans la vision stratégique évoquée plus haut et qui oblige J. Y. LE DRIAN à se comporter en bon petit soldat. Autre positionnement significatif: celui du Président (PS) du Conseil Général des Cotes d'Armor et aussi Président des Conseils Généraux de France, Claudy LE BRETON. Ne vient-il pas, à la fin de 2008, de réclamer pour les département une multicompétence ce qui va complètement à l'encontre de l'idée de renforcement du pouvoir des régions. Le Modem se déclare sobrement pour la réunification sans changer dans les faits d' un iota son fonctionnement territorial. Il est vrai qu' il devra faire feu de tout bois pour accueillir dans un flou artistique de bon aloi des alliés potentiels puisque lui aussi se place pour la conquête du pouvoir suprême dans la vision évoquée plus haut. Le parti de Besancenot préfère se pencher sur le conflit palestino-israelien. C'est plus rentable.

Et la mouvance bretonne ?

Tout le monde est POUR LA RÉUNIFICATION. La question reste donc COMMENT y arriver ? Et là il faut bien le déplorer, les positions au mieux divergent ou au pire sont inexistantes.
L' Union Démocratique Bretonne a fait un effort de réflexion avec sa proposition de référendum complétée par une carte remodelée des régions actuelles. Ce qui n'a pas été éclairci ce sont les conditions du référendum. Christian GUYONVARC'H, juste après son entrée au Conseil Régional, avait prévenu: le processus de réunification sera long. Et en effet l'UDB en tant qu'alliée de la coalition de gauche au Conseil Régional ce parti se trouve dans une position de dépendance qui l'amène a devoir assumer quelques contradictions: elle doit bien admettre que le PS n'a pas fait avancer la question d'un pas de bécasse et pour retrouver des postes aux prochaines élections régionales elle devra bien -volens non volens- passer sous les fourches caudines du PS. Le Parti Breton demande lui aussi un référendum. Comme dans l' opérette "hâtons le pas, hâtons le pas.." et on fait du surplace !
Bretagne Réunie , un temps fer de lance, pour la mise sur pied de manifestations annuelles répétitives en Loire Atlantique, semble devoir être dépassée par de jeunes activistes qui en peu de temps et avec des méthodes plus énergiques ont su placer la lutte au coeur de la "Baronnie". On effet sans renier le travail important effectué par l' ex-CUAB, devenu Bretagne Réunie, on pourrait faire un double reproche à cet organisme: ne pas avoir assez sensibilisé les populations des autres départements de la péninsule en localisant ses rassemblements à Nantes et second reproche, sous prétexte d'apolitisme avoir fait preuve d'un certain angélisme. Avoir lancé le slogan "référendum, référendum" sans pousser plus loin la réflexion remet en mémoire la phrase d'un homme célèbre qui fustigeait "ceux qui crient Europe, Europe en sautant comme des cabris". Tout le monde aura reconnu qu' il s'agissait du général de Gaulle. Les Verts ont fait " leur maximum " à l'occasion des dernières présidentielles ce qui ne les empéche pas de fonctionner, tout comme le PS, selon des structures bien sagement hexagonales. Depuis que leur égérie, Madame Voinet, a obtenu son poste de Sénatrice il ne faut sans doute pas s'attendre à ce qu'ils "cassent la baraque". Depuis quelques années est apparu un nouvel organisme patronné par le géographe Jean OLLIVRO, mab-e-dad, fils du talentueux et regretté auteur de " Pikoù mad e dad", qui s'est efforcé de développer un autre discours plus "universitaire", plus en phase avec l'époque et prônant un meilleur aménagement du territoire conjugué à un développement harmonieux de l'espace breton. Baptisé "Bretagne prospective" cet organisme a présenté son argumentation sous la forme d'un livre blanc. Soyons justes, Jean OLLIVRO et sa petite équipe n' innovent pas totalement . Le regretté Michel PHLIPPONEAU , lui aussi géographe, avait été un précurseur dans cette voie. On pourrait peut être aussi déplorer que Jean OLLIVRO veuille un peu trop "verrouiller" l'appartenance à B. P. en donnant la gênante impression de tirer un peu trop la couverture à soi. Mais ce ne sont là que des impressions et il convient encore une fois de saluer la crédibilité de son travail.

Bon me direz vous et l' Alliance Fédéraliste Bretonne / Emglev Kevredel Breizh ? Justement j' y viens. Prisonnière d'aucune force hexagonale cette organisation, fondée à Josselin en manière de pied de nez à notre ex-président régional, tout comme l'UDB travaille de façon collective et organisée. Elle s'est donnée la peine de réfléchir à la question COMMENT ?
Par décret. Contrairement à la suggestion faite par le vibrionnant maire de Carhaix, cette voie est fermée parce que les départements ont une existence constitutionnelle et aussi , ce qu'a parfaitement souligné Christian GUYONVARC'H, "ceux qui vivent en Loire Atlantique ne sont pas les mêmes que ceux qui y vivaient en 1941".
Par référendum. Pas envisageable non plus parce que qu'il ne peut être organisé que sur la demande de 184 parlementaires soutenus par un dixième des électeurs de l'ensemble de l'Hexagone.
Par référendum d'initiative locale. Impossible non plus parce que ni le département de Loire Atlantique ni le territoire B4 n'ont dans leurs compétences de pouvoir d' organiser une telle consultation.
Par consultation (bien noter la nuance avec référendum) populaire. Selon l'article 72-1 de la Constitution française (et même si on peut le regretter, la Bretagne entière vit sous cette constitution) une consultation populaire peut être organisée par un ou des départements ou une région. Un hic pourtant : une telle consultation doit faire l'objet d'une loi votée par le parlement (Palais Bourbon). Vu le fonctionnement actuel des institutions françaises la balle se trouve donc au sommet de l'état français. Il découle des arguments précédents que la mouvance bretonne se trouve dans l'obligation de réviser sa sémantique. Le slogan devient donc: exigence d'une consultation populaire.
Autre condition à remplir: bien définir quelles populations seront consultées. La réponse est lumineuse : les habitants de Loire Atlantique et des quatre autres départements bretons. Point barre. D'où le slogan final:

CONSULTATION POPULAIRE EN LOIRE-ATLANTIQUE ET EN BRETAGNE B4 ÉRIGÉES EN DEUX CIRCONSCRIPTIONS DE VOTE.

En conclusion.

Au moment où le Comité pour la réforme des collectivités locales, sous la présidence de Edouard Balladur, travaille à un regroupement des régions il nous faut augmenter la pression. Nous savons que Bretagne Réunie , représentée par son président et son secrétaire nantais doivent rencontrer le 21 Janvier Franck LOUVIER, nantais d'origine et directeur de la communication du Président Sarkozy. De la même façon le Président Edouard BALLADUR vient d'adresser à l'AFB-EKB une missive courtoise en réponse à l' envoi de ses réflexions " Pour une nouvelle gouvernance bretonne en 10 points". Je propose donc que les organisations bretonnes citées plus haut et toutes les forces qui souhaiteraient s'agréger à une telle démarche se rencontrent au plus vite avec pour objet de présenter au gouvernement un projet commun sensé et réaliste. Ne pas s'engager dans cette voie ne pourrait que nuire gravement aux chances de succès et nous en porterions la responsabilité devant le peuple breton.

lann Février 2008

Réunification: le point de vue de l'AFB-EKB

Comme toute force politique bretonne l'AFB-EKB lutte pour le retour de la Loire-Atlantique dans le giron breton avec comme corollaire un remodelage du découpage régional. Notons au passage que cette nécessité de repenser les espaces régionaux ne concerne pas que la Bretagne. Quelle logique y a-t-il à maintenir la division entre Haute et Basse Normandie ou encore à scinder l'Alsace entre Haut et Bas Rhin? Ne serait-il pas temps à l'heure européenne de mettre fin à ces aberrations?

Pour en revenir au cas Breton, c'est un secret pour personne que le décret de Vichy de 1941 - sans consultation aucune des populations concernées - n'avait d'autre objectif que d'affaiblir une entité jugée trop puissante et trop rétive aux yeux du pouvoir central. La mise en place ultérieure des "pays-de-la-loire" n'a été qu'un "charcutage supplémentaire" destiné à pérenniser les visées de Vichy et, c'est à noter, complètement revendiqué par les principaux partis politiques parisiens, guère gênés par cette contradiction morale. C'est sans doute que persiste en haut lieu une défiance insurmontable envers la pérennité d'une Bretagne forte et parfaitement identifiable. Vu de l'extérieur Brittany cela coule de source..."pays-de-la-loire" c'est plus difficile à situer et jusqu'à ce jour on n'a pas trouvé mieux que "Western France"! On a là un aperçu de la paranoïa qui plane sur la conception de l' "exception culturelle" à la française.

Interrogations.
À la lecture de ce qui précède on voit bien que la solution du problème est compliquée. Aussi avant de présenter quelques pistes, il convient de poser deux interrogations sur les propositions émises par Jean Louis Jossic et l'UDB.
  • Première interrogation: pourquoi, à un décret pris par un régime politique reconnu comme une parenthèse dans l'histoire de la République, répondre par un référendum? Suivre cette voie c'est non seulement inverser les rôles (c'est à la victime du préjudice de s'excuser) mais c'est aussi légitimer un régime honni.
  • Seconde interrogation: en quoi les territoires qui n'ont jamais fait partie de la Bretagne seraient-ils interrogés sur le devenir de cette entité? Sur ce point la proposition de Jean Louis Jossic est aberrante. Si on le suivait dans son raisonnement il faudrait alors aussi interroger les populations de l'Avranchin [sud Cotentin] et celles du Comté de Richmond en Angleterre parce qu'à une époque elles ont fait partie du Duché! Plus près de nous dans le temps on pourrait aussi signaler à Jean Louis Jossic que lors du référendum sur le devenir de la Sarre seules les populations de ce Land et des autres Laenders ont été consultés. Idem quant il s'est agit de rétrocéder au Danemark le Sud Jutland.

Nouvelles pistes pour la réunification.
  • Commission de travail mixte.
  • La solution [les solutions] passe[ent], de notre point de vue, par des moyens plus pragmatiques et aussi en faisant preuve d'innovation. La création, il y a 2 ans, d'une commission de travail mixte entre des représentants de la Loire-Atlantique et des représentants du gouvernement régional siégeant à Rennes a été l'amorce de retrouvailles studieuses. Il faut en étoffer la composition et que les rencontre deviennent mensuelles. Elle doit aussi élargir ses domaines de compétence et sortir de la confidentialité. Sur ce sujet les Basques nous ont ouvert la voie: le Biltzar est un organisme permanent qui, en regroupant les élus du nord et du sud des Pyrénées, contribue fortement aux renforcements des liens transfrontaliers dans le cadre d'une euro région. C'est la voie à suivre.

  • Nantes=Ville-État.
  • Autre proposition dont nous ne nions pas le caractère anticonformiste: pourquoi ne pas faire de l'agglomération nantaise une "ville-état" sur le modèle de Brème [poids démographique équivalent] ou de Hambourg. Elles ont beaucoup de traits communs: importants ports d'estuaires, ouverture de longue date à l'international, localisation géographique excentrée si on se réfère à leur hinterland, cosmopolitisme etc... Ce statut de "ville-état" serait là un moyen de prendre en compte ses spécificités historiques et géographiques tout en satisfaisants ses légitimes ambitions. Elle deviendrait aussi le 6ème partenaire au sein d'un espace breton renouvelé.
    Allons même plus loin. Les fédéralistes Bretons n'ont pas attendu la proposition 260 de la commission Attali pour demander "de renforcer les régions et les intercommunalités en faisant disparaître en 10 ans l'échelon départemental". Cette vision renouvelée de la gestion des espaces doit entraîner la fusion des entités régionales et départementales grâce à un scrutin de liste régional à la proportionnelle complété par un scrutin de liste départemental. Cette fusion entre département et région conjuguée à une réforme de l'Etat central est le seul garant de renforcement des politiques territoriales, de clarification des compétences et de l'allègement de la fiscalité liée à un empilement-millefeuilles des niveaux administratifs. Pour les esprits chagrins rappelons que le double mode de scrutin existe déjà pour le Sénat 1.

  • Notre Dames des Landes.
  • L'actualité n'est pas en reste. Maintenant que la décision est prise de construire l'aéroport de Notre Dame des Landes, ce dont l'AFB-EKB se félicite car elle défendait ce projet 2, va se poser la question de sa gestion. Il y a là une occasion unique de renforcer la nécessaire solidarité bretonne en confiant cette gestion à un organisme qui regrouperait des partenaires issus de Loire-Atlantique, de la côte sud bretonne et de l'Ille-et-Vilaine. Rien de tel que de passer à des travaux pratiques pour désamorcer la forte charge émotionnelle qui n'empoisonne que trop le dossier de la réunification. Souplesse et pragmatisme nous procureront un peu plus de sérénité pour donner à cette incontournable question une issue favorable aux légitimes intérêts Bretons.
    Favet Neptunus Eunti3.

1 Le Sénat deviendrait une chambre des représentants élus par les régions.
2Eh oui, nous préférons nous autres fédéralistes Bretons, avoir un aéroport international [je n'ai pas dit intercontinental] ici plutôt que dans une région parisienne déjà bien pourvue et au bord de l'apoplexie. On appelle cela l'Aménagement du territoire!
3 Que Neptune soit favorable aux Voyageurs [litt. Ceux qui vont de l'avant], devise de Nantes.

pluennLettre ouverte à M Jacques Auxiette

À l'occasion de son ouvrage "Les Pays de la Loire, région française dans le monde d'aujourd'hui", M Jacques Auxiette entend dans le même temps apporter sa contribution au débat des présidentielles. Dans son ouvrage il se montre ardent partisan d'une vigoureuse relance de la régionalisation, pour "une responsabilité accrue accordée aux régions", l'État devant conserver seulement ses "fonctions régaliennes: la défense, la police, la justice". Favorable au maintient des communes, il souhaite coupler régions et départements.

En tant que fédéraliste breton, luttant de longue date contre le centralisme jacobin qui règne dans les sphères dirigeantes parisiennes, nous ne pouvons que saluer les déclarations de M Auxiette.
Malheureusement, là où le bas blesse, c'est quand M Auxiette, non seulement se montre déterminé à refuser le retour de la Loire Atlantique dans la famille bretonne, mais pire encore, il en vient à dénoncer chez les partisans de la réunification "une forme de repli ethnique" en s'interrogeant sur ce que peut vouloir dire une "identité bretonne, vendéenne, irlandaise" !
On reconnait bien dans ce discours les procédés sémantiques d'une longue tradition républicaine "française" où se côtoient Marine Le Pen, Jean Pierre Chevènement ou autre souverainistes.
Cette conception politique, sous couvert de réaliser "une communauté de citoyens égaux devant la loi" confond tout à la fois état, nation et peuple. Par une construction de l'esprit purement artificielle on en arrive à nier les particularités, les réalités vécues des individus et des communautés humaines. Dans le droit fil de cette pensée moniste, M Jacques Auxiette se glisse dans la campagne de désinformation utilisée en haut lieu pour stigmatiser les peuples de l'hexagone (breton, basque, corse). Il n'y a pas si longtemps nous avions droit au thème: mouvement breton=nazi¹. Cette campagne a fait long feu et actuellement le nouveau slogan est: régionalisme=communautarisme. C'est là la seule parade qu'a trouvé un État-Nation artificiellement construit sur la négation des nationalités et confronté à de nouveaux défis [les banlieues] au lieu de procéder aux réformes institutionnelles indispensables pour faire face aux interrogations et aux défis de notre temps. Et pourtant ce large mouvement de reconnaissance des peuples et des autonomies régionales est le mode de gouvernance qui se pratique pourtant chez nos partenaires européens. Dernier exemple en date, l'Andalousie, à l'initiative du socialiste Zapatero, vient d'approuver un très large statut d'autonomie régionale. Seule la France, en compagnie de la Turquie, s'arcboute sur un modèle hérité de l'empire autoritaire napoléonien.

J'aimerais aussi, avec courtoisie, rappeler à M Jacques Auxiette que l'amputation de la Loire Atlantique (Loire Inférieure à l'époque) du reste de la Bretagne a été imposée par un décret de Vichy sans aucune consultation des populations concernées. Est-ce à dire qu'un responsable du parti socialiste cautionne cet acte inique ? Plus haut dans l'histoire, le socialisme en Bretagne a été introduit par la section de Nantes. Voyez-vous M Auxiette les peuples sont ainsi faits qu'ils ont la mémoire longue.
Cromwell, au milieu du 17ème siècle, avait cru mettre fin définitivement à l'id(entité) irlandaise et pourtant en ce début de 21ème siècle le peuple irlandais est toujours là bien vivant et même régi sous deux états il constitue une Nation. De la même façon la majorité de la population de la Loire Atlantique ne se reconnait pas dans vos "Pays de la Loire" - dont deux départements d'ailleurs ne sont aucunement riverains de ce fleuve - et aspire à retrouver le dynamisme breton. On nous dit que votre région vient d'être frappée d'une nouvelle maladie, la Ligériose. Comme toutes les pathologies émergentes cette affection est difficile à traiter et il est à craindre que vos millions d' €, dispersés à tout vent au frais du contribuable pour relooker l'histoire du sud Bretagne, n'y pourront rien.

Quant à votre argument de repliement, il ne tient pas quand on se souvient que le corps électoral breton (Loire Atlantique comprise) a voté OUI au referendum sur la constitution européenne. Sans doute voyait-il là, tout en ignorant pas les insuffisances de cette constitution, le moyen de signifier sa volonté de participer à la construction et aux orientations de cette Europe des peuples (avec ou sans état) sur laquelle on ne pourra faire l'impasse face à la montée en puissance d'états où cohabitent aussi de nombreux peuples. C'est là un aspect inattendu de la biodiversité.

Au fond tout cela avait été fort bien dit par le grand poète Saint-Pol Roux: "Bretagne est univers". Puisse cette citation vous inspirer quelque révision "déchirante" de vos craintes et de vos jugements hatifs.

¹ rappelons à ce sujet que le mouvement Sao Breizh, dont certains fondateurs étaient originaires de la Loire inférieure, a été parmi les premiers à rallier Londres après la débacle de 1940

lannRéunification, nos positions.

En se définissant comme une organisation qui lutte pour un "Homerule" en faveur de la population bretonne, celà va de soit que nous n'acceptons pas la partition qui nous a été imposée sans consultation aucune des habitants de la Loire Atlantique pas plus d'ailleurs que celle des habitants des quatre autres départements. Depuis 65 ans que dure cet état de fait, nous remarquons au passage que aucun des gouvernements au pouvoir à Paris - de droite ou de gauche - n'a voulu remettre en cause ce dictat d'un régime pourtant considéré depuis comme une parenthèse dans l'histoire de la République française. On en conclut que, dans "certains cas", les décisions prises par le régime de Pétain, puisqu'il s'agit de lui, sont non seulement acceptables mais même justes pour la cinquième République parce qu'elles visent un but essentiel: affaiblir considérablement la Bretagne en la privant non seulement d'une partie de son histoire mais aussi son potentiel économique. Et c'est bien sur ce dernier point qu'il nous faut focaliser la lutte car c'est ce qui conditionne l'avenir. C'est pourquoi nous ne voulons pas entendre parler de "Bretagne historique" qui fait trop référence au passé pour mieux nous enterrer, nous parlons de Bretagne intégrale qui évoque une Bretagne dont la surface, le poids démographique et économique, et par conséquent le capacité globale de lutte, conduiront à mettre en place une forme de représentation politique en résonnance avec les nécessités de notre temps. Il faut pouvoir concilier des impératifs apparemment contradictoires: garder cohésion sociale et identité tout en étant acteur d'un monde globalisé. C'est là une démocratie juste.

Si beaucoup sont d'accord avec le but à atteindre, le problème reste entier quant à la méthode pour y arriver. Il semble bien que jusqu'ici on se soit trop contenté de slogans appuyés à intervals plus ou moins longs de "manifs" répétitives faisant office de grand-messe. Certains trouveront peut être iconoclaste de mettre en doute les méthodes du CUAB, devenu et c'est un progrès sémantique "Bretagne Réunie", il n'empêche cet organisme ne s'est pas assez penché sur un "modus operandi" clair pour éclairer les militants engagés dans ce combat. Erreur aussi d'avoir, par une vision erronée d'un risque de noyautage phantasmatique, accepté la règle d'écarter les formations politiques bretonnes en tant que telles alors que les plus sérieuses et les plus solides d'entre elles ont toujours dans la pratique été à la pointe du combat. Erreur encore de localiser, la plupart du temps, les démonstrations en Loire Atlantique. Pourquoi ne pas aussi se rappeler au bon souvenir des autres 3 millions de Bretons ? Les dirigeants de Bretagne Réunie ont ils aussi bien pesé ce qu'implique un référendum: un travail de préparation préalable intense et aussi la mise en place d'une logistique capable de contrer la propagande de la machine étatique ? Pourquoi, sans attendre 2008, ne saisissent-ils pas l'occasion des élections présendentielles de 2007 pour faire de la Réunification un enjeu du scrutin au niveau de la Bretagne intégrale ? C'est sur tous ces points que nous voulions nous entretenir avec le Président et son staff. Or à notre grand désappointement, nous n'avons reçu à ce jour aucune réponse à nos 3 courriers ! Devons-nous en conclure que le combat pour la réunification doit rester une cause digne seulement des "happy-fews" ? Nous voulons encore espérer qu'il ne s'agit que de malentendus et que cette fois-ci le dialogue se nouera.

Sans attendre, nous donnerons ici notre point de vue en quelques lignes directrices:

  1. Sur le fond: la population bretonne dans son ensemble doit se sentir concernée. Pour ce faire, une offensive auprès des médias des 4 autres départements s'impose avec "manifs" à l'appui.
  2. Sur la forme: les formations qui le désirent retrouveront leur place en tant que telles au sein des instances de Bretagne Réunie. Bretagne Réunie doit se manifester de façon plus énergique, donc plus "visible" auprès des directions d'organismes régionaux localisées à Rennes.
  3. Bretagne Réunie doit entrainer les élus des 5 départements signataires de la charte sur la Réunification à se constituer en Assemblée des Élus de Bretagne comme l'ont fait les Élus du Pays Basque Nord et Sud. La commission mixte étendra sa compétence aux questions économiques et européennes.
  4. Demande doit être faite aux principaux candidats aux Présidentielles d'inscrire la Réunification dans leurs programmes.
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