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ABP

Édito printemps 2010

Redistribution des cartes.

Les dernières élections "régionales" ont donc vu l'équipe de Jean Yves Le Drian rafler la mise, Bernadette Malgorn faire un score décevant pour ses troupes et Europe Écologie avec son comparse l'Union Démocratique Bretonne se retrouver sur les bancs de l'opposition, une opposition constructive s'est-elle empressée de déclarer. Quant au tandem improbable constitué par le maire de Carhaix et le Parti Breton, il s'est retrouvé au tapis. L'AFB-EKB parce qu'elle avait souligné les incohérences de cette dernière liste et parce qu'elle se refusait à venir conforter toute liste hexagonale avait appelé à l'abstention et dieu sait si cette prise de position lui avait attiré des remontrances de la part des "plus-bretons-que-moi-tu-meurs", certains d'entre eux allant même à la qualifier de traître à la cause.

Il n'empèche la réalité s'est vite chargée de démontrer où se trouvaient les vrais intérêts du peuple Breton: d'abord par l'existence d'une abstention record qui doit ramener les vainqueurs à plus de modestie et aussi à s'interroger sur les causes du phénomène. Le feront-ils, on peut en douter. Autre fait marquant: le délitement très rapide de la liste N.T.F.B, délitement inévitable du fait de la démagogie de son leader, lequel n'a pas tardé à créer avec quelques pâles comparses un mouvement dont on peut assurer qu'il ne vise qu'à promouvoir ses intérêts personnels. Aussi d'aucuns s'en sont trouvés bien déconfis et les plus honnêtes et les plus sincères d'entre eux n'ont pas tardé à s'excuser au près de notre organisation pour leur emportement premier.
On aura noté que notre refus de composer avec ceux qui s'étaient déclarés "Le Drian compatibles" a vite trouvé sa justification: outre le comportement du leader évoqué plus haut, la façon dont le Président de région a botté en touche pour repousser un vote clair sur la Réunification à la demande du porte parole des élus UDB, démontre que notre méfiance n'est nullement paranoïaque. Il sera intéressant de voir comment l'affaire sera traitée en Juin prochain.

La voie étant ainsi dégagée, et c'est comme celà que nous voulons réagir, l'AFB-EKB se préoccupe dorénavant de préparer les nouvelles échéances en se souvenant qu'en 2011 il y aura des élections cantonales et que dès 2014 il y aura de nouvelles élections "régionales" dans un contexte modifié pour cause de Réforme des Collectivités Territoriales.
Réforme territoriale, le mot est laché, c'est sur cette question que nous allons engager la réflexion aux cotés de nouveaux partenaires dans les trois prochains mois pour aboutir en début d'automne à une convention qui fera une synthèse pour la présenter au public breton. Dès maintenant nous invitons toutes celles et tous ceux, sans exclusive, intéressés par cette démarche à joindre notre secrétariat pour s'inscrire et apporter leurs propositions. Une première réunion se tiendra en mairie de Quimper fin juin. Nous ne manquerons pas de les avertir.

Ar spi hag ar youl evit Dazont Breizh emañ etre ho taouarn.

Édito hivers 2009-2010

Sommes-nous des imbéciles ?

La question mérite d'être posée. Elle devrait même être posée doublement et au vu de la situation présente en Bretagne et au vu du peu d'écho dans les médias que suscite notre action.
Qu'on en juge.
Les dernières semaines ont vu une recrudescence incroyable des attaques en tout genre contre les différents aspects de la spécificité bretonne. Ainsi un individu, jusque là totalement inconnu, s'en prend à l'association Gouren et sous prétexte de défense des animaux l'envoie au tribunal de Brest pour faire cesser l'attribution du Maout au vainqueur lors des tournois de lutte bretonne. Une pratique ancestrale remontant au IVème siècle, parfaitement symbolique et d'autant plus innocente qu'elle s'accompagne d' un code étique exemplaire, loin des magouilles et des dérives financières observées dans le cyclisme ou le football professionnel. On eu compris à la rigueur en ces temps où le politiquement correct et le principe de précaution font des ravages dans la hiérarchie des valeurs, on eu compris que ces "bien pensants " parisiens , qui ont le culot de dire qu'ils n'ont jamais assisté à un tournoi de lutte, s'attaquent à une activité comme la corrida ou encore brandissent leur étendard contre l' égorgement des animaux selon le rite hallal. Ils s'en sont bien gardés car cela eut été beaucoup plus périlleux pour eux. On peut se demander qui se cache derrière cette association. Voir au delà des apparences a toujours été un exercice salutaire.

Autre attaque, celle du ministre Besson, vous savez le responsable de la mise en musique du débat sur l' identité nationale française. Celle-ci, comme le veut la vulgate, serait gravement menacée à la fois par l'ennemi intérieur et l'ennemi extérieur. Le premier qu'il s'appelle identité bretonne, basque ou musulmane se retrouve stigmatisé dans une formule toute faite: " le communitarisme ". Quant au second il porte le vilain nom de "globalisation". Autre variante "l'islamisme salafiste". Muni de ces armes idéologiques, le dit-Besson peut donc tranquillement asséner que faire une loi [je ne parle même pas de suivre les lois et traités internationaux traitant du sujet] pour donner un statut à la langue bretonne est impossible puisque ce serait, je cite, contraire "au principes d'égalité entre les citoyens et d'indivisibilité du territoire national". Les députés bretons UMP Françoise Louarn et Marc Le Fur, dont on nous certifiait jusqu'à il y a quelques jours qu'ils travaillaient sur un projet de loi pour donner un statut à la langue bretonne, n'ont même pas eu le courage de protester.
Toujours dans le domaine linguistique, le passage en Bretagne du commissaire européen chargé de la mise en oeuvre de la diversité linguistique a donné lieu a une démonstration de premier ordre quant à l'usage de la langue de bois. Leonard Orban, puisque c'est son nom, s'est tout d'abord fendu d'un commentaire élogieux sur Diwan. Puis on en est venu aux choses sérieuses. Interrogé par le conseiller régional Yann Berr Thomin ( désormais mis au placard par les instances du PS pour cause de "communautarisme" ) sur ce que l'Europe pouvait faire pour amener l'état français à reconsidérer sa politique de génocide linguistique envers le breton,le haut fonctionnaire européen n'a pas hésité à déclarer: " rien" ! ça n'a pas empêché le président du Conseil Régional de lui offrir le gros dico de Favereau.
Il est vrai que le dit Orban est un apparatchik roumain et vu la vision partagée qu'ont la France et la Roumanie sur le devenir des langues minoritaires, gageons que cette "tournée" a été observée, sinon encouragée, avec intérêt par les officines parisiennes. Toujours tenter de voir au delà des apparences.

Troisième type d'attaque, celle-là venue de la baronnie PS des Pays de la Loire. Elle a pris la forme de l'édition à 300 000 exemplaires d'un prétentieux dictionaire des lycées des P.d.L. vu sous le prisme révisionniste "ligérien" pour ceux de Loire Atlantique. On ne peut que regretter que l'historien Alain Croix ait prêté son concours à cette escroquerie. Le baron Auxiette, voyez vous, a des ambitions culturelles et fait le forcing pour embrigader les intellectuels dans son projet "ligérien" comme par exemple la pompeuse Académie littéraire Bretagne-Pays-de-la-Loire. Là encore avec succès puisque des auteurs comme Philippe Le Guillou (Prix Médicis 1997) ou Pierre Péan n'hésite pas à aller à la soupe. Et pourquoi se gèneraient-ils puisqu'ils trouvent des défenseurs au seim même de l'Emsav ! Cerise sur le gâteau les voyageurs débarquant à la gare de Saint Nazer sont dorénavant accueillis par un monumental panneau de "Bienvenu en P.d.L." avec en prime le déboucher sur un pompeux "Espace Régional Ligérien" flambant neuf.

Or en face de ces provocations insupportables le mouvement breton a réagi en ordre dispersé, chacun touillant sa petite soupe dans son coin. Une exception notable : le vaste élan de soutien à la fédération Gouren (1.500 licenciés, 5.000 scolaires, excusez du peu) et une manifestation type "vaccination antiligériose" regroupant 44-Breizh, Bretagne Réunie et le Credib de Saint Nazer. C'est ce genre de protestation unitaire sur le terrain qu'il nous faut encourager. Encore faut-il que les adhérents de l'AFB-EKB se montrent un peu plus pugnaces.

Devant ce constat il est vital de réagir vigoureusement mais sur des bases claires car si les dirigeants de l'UMP doivent susciter notre indignation, on ne saurait exonérer les barons socialistes de leur propension au mieux pour certains à tourner la tête, au pire pour d'autres - le baron Auxiette au tout premier rang - à participer activement à l'abaissement et à la négation de l'identité bretonne. Observons que Jean Yves Le Drian se garde bien d'empiéter sur le pré-carré de son collègue sudiste. Pour l'UMP et le PS et plus généralement les partis français, la Bretagne à 4 départements "c'est acté".
C'est sur la base de cette analyse que nous appelons à une démarche énergique et cohérente pour les élections régionales. Cette ligne politique nous conduit à nous insurger contre l'attitude déloyale des dirigeants du Parti Breton qui sous prétexte d'efficacité renient leurs engagements.

An Dibikouzer

Édito ÉTÉ 2009.

Après le Taol-kurun des Européennes.

Dans un sondage paru 3 jours avant le scrutin du 7 juin, un sondage BVA paru dans Ouest-France annonçait pour la Bretagne 23% pour l'UMP, 22% pour le PS, avec, nous citons, "Une surprise: la liste du Modem emmenée par Sylvie Goulard qui atteignait 16%, devant celle d'Europe Écologie de Yannick Jadot" ... tandis que la liste La voix de la Bretagne en Europe se retrouvait reléguée dans le nirvana des 1% !

On a vu ce qu'il en a été: l'UMP à 28%, Europe-Écologie à 16,5%, tandis que le PS subissait une raclée mémorable et que le Modem avec 8,5% faisait un bide dans une aire géographique considérée comme l'un de ses bastions. Quant à la liste La voix de la Bretagne en Europe, liste que notre organisation avait décidé de soutenir, elle réussissait à rassembler près de 38 000 voix sur l'ensemble de la péninsule. Autre leçon de ce scrutin: 3 bretons sur 5 ne se sont pas déplacés pour voter. Ainsi les instituts de sondage dont on nous rabat tant les oreilles avant chaque scrutin se sont-ils une fois de plus magistralement plantés.
Un examen plus approfondi de ces résultats amène d'ailleurs à rendre ces chiffres moins glorieux compte tenu du nombre impressionnant des abstentions (60%). Dans ce cas de figure l'UMP se retrouve à 11.2%, les Écologistes à 6.6%.

Cette percée spectaculaire des Écologistes ne doit pas occulter le fait que certaines de leurs positions sont nocives pour les intérêts bretons. Ainsi lors du meeting tenu à Sant Nazer, interpellé par l'un des membres de notre bureau sur la réunification, Mr Jadot n'a pas répondu. Autre point de désaccord: l'aéroport de Notre Dame des Landes. Nous sommes pour, considérant qu'il s'agit d'un équipement structurant important pour l'espace breton et qu'il vaut mieux le voir chez nous qu'en région parisienne déjà suréquipée. Europe-Écologie y est violemment hostile. On ne saurait aussi ignorer l'écotaxe sur le transport par camions issu du Grenelle de l'environnement. Nous y étons hostile en rappelant que les 4 voies bretonnes devaient rester gratuites. L'ardoise d'abord évaluée à 120 millions € par an serait finalement ramenée à 58 millions € annuels. Ce résultat ne peut être que pénalisant pour la Bretagne. Quant à la crise du lait, on aura noté le silence sidéral sur la part de Mr Jadot et de ses amis. Enfin il est permis de s'interroger sur la réalité de la création de 10 millions d'emplois en 5 ans, annonce phare du programme de Europe-Écologie.

Ses résultats néanmoins, c'est incontestable, vont obliger les états majors politiques à revoirs leurs "logiciels" pour les régionales 2010.
La cause bretonne est bien sur concernée. La rentrée au Conseil Régional de notre courant politique est conditionnée par la réussite d'un large rassemblement capable de négocier un partenariat dans une alliance électorale crédible, condition indispensable du succès. Lors d'une réunion tenue à Kaodan [56] le 15 Mai dernier, notre organisation s'est déjà engagée dans cette voie en créant avec le Parti Breton une Structure de Liaison Permanente. Elle sera composée de 6 membres (3 par organisation) avec pour objectif principal: la préparation des Régionales 2010. Nous demandons aux adhérents désireux d'en faire partie de présenter leur candidature auprès du secrétariat dans les plus brefs délais étant donné que la première réunion de travail est prévue pour le tout début Septembre. C'est le point de départ d'un processus qui doit motiver dans l'action tous les militants et sympathisants sincères, et ils sont largement majoritaires, que désespéraient l'éparpillement des forces en chapelles et coteries concurrentes.

An Dibikouzer

Édito Autômne Hiver 2008-2009

En vue: 2009 et ...au delà, les Régionales.

Tout au long de l'année écoulée notre mouvement a fait preuve de ténacité et d'endurance tant par la régularité des réunions du bureau que par le suivi de l'actualité, ce qui c'est traduit sous la forme de déclarations sur des sujets aussi variés que le travail le dimanche, la modification de la constitution française, notre positionnement lors des municipales ou le discours de Sarkozy devant l'Assemblée des maires, pour prendre quelques exemples. Il faut croire que nous avons parfois fait œuvre de pionniers puisque certains groupes ou individualités ont marchés sur nos traces comme le démontre les cartons jaunes -disprizioù- attribués par un jury de journalistes lors de l'enregistrement à Pontivy de la 22ème édition de Webnoz. Certaines de ces prises de position risquent de toujours faire l'actualité, malheureusement, en 2009.

L'exemple le pus récent en est l'entêtement du gouvernement à imposer une éco-taxe sur le transport routier breton, pénalisant ainsi gravement notre économie. De la même façon que sous le règne de Louis XIV, la multiplication des taxes sur individus et produits avait entraînée la ruine de l'économie bretonne aboutissant ainsi à la révolte des Bonnedoù Ruz, de même à notre époque le ministre d'État Jean-Louis Borloo, la "coqueluche de bobos", veut imposer sur le transport breton de nouvelles charges sans rien entendre des arguments développés par les transporteurs et élus bretons. Le virevoltant ministre s'abrite sentencieusement derrière le principe "d'égalité des citoyens devant la loi" pour refuser toute allègement pour notre pays. Et pourtant Borloo s'est bien gardé de protester "au nom de l'égalité des citoyens devant la loi" lorsque le Sénat, dans la nuit du 9 au 10 Décembre dernier, a supprimé la taxe sur le recyclage du papier pour les entreprises implantées dans son fief électoral. Manque à gagner pour l'État: 10 millions d'€. Pas grave ! On récupérera tout cela chez les bretons. C'est ce que l'on appelle le fait du Prince.

Dès Avril 2008 nous avions dénoncé cette éco-taxe, et notre bureau a renouvelé son désaccord en Décembre à Guéméné sur Scorff. En dernière minute: il serait question de diminuer de 25% cette taxe pour les départements dits "périphériques". Raison de plus pour accentuer la pression car il y a là une flagrante désinvolture envers notre Nation bretonne.
Nous écrivons bien Nation bretonne parce que c'est aussi une manière de positionner clairement notre combat, tout en assumant un double choix: choix du dialogue ferme mais non violent, choix de l'ouverture aux autres en luttant aussi pour une Europe fédérale. Les membres du bureau ont voulu clarifier nos ambitions pour une nouvelle gouvernance bretonne sous la forme d'un document synthétique en 10 points que l'on trouvera dans ce numéro 19 de Eskemm. Chacun doit avoir à cœur de le faire connaître. C'est ce même document que nous avions fait parvenir au "Comité pour la réforme des collectivités locales" présidé par Édouard Balladur. Le 12 Janvier, dans une missive courtoise, il nous assurait en avoir pris bonne note. Ce même document nous servira aussi de canevas pour préparer notre programme d'action régionale.

Dans cette année 2009 auront lieu les élections européennes. La complexité du mode de scrutin pour celles-ci doit nous faire admettre que monter une liste autonome apparaît comme problématique. Ceci n'exclut pas pour autant notre présence dans le débat. Notre objectif est d'agir auprès du courant de pensée que nous avons côtoyé lors des municipales.

Les élections régionales de 2010, peut être repoussées à 2011, seront de toute autre intérêt et il est indispensable que nous soyons sur les rangs. Pour ce faire une trésorerie à la dimension de l'enjeu sera l'un des éléments clefs du succès. Pour la première fois dans son existence l'AFB-EKB débute l'année nouvelle avec quelques réserves mais c'est loin d'être suffisant*. Aussi chaque adhérent, chaque sympathisant doit-il, dès maintenant, se sentir concerné pour conforter nos moyens logistiques.

Hep arc'hant, galloud ebet, hep galloud, Breizh ebet. Neuze, deoc'h c'hwi da c'hoari.

An Dibikouzer

*Budget "basique" pour les Régionales: 30 000 €

Édito Été 2008

Notre ligne: pragmatisme, fermeté, cohérence.

Le 21 Juillet dernier députés et sénateurs ont approuvé par une très courte majorité (dont la voix de Jack Lang) une réforme de la Constitution française. En se basant sur les faits, et uniquement les faits, ce vote modifie ou crée 47 articles dont on retiendra, pour nous bretons, un renforcement du pouvoir du Parlement, la limitation à 2 mandats du Président de la République, un usage dorénavant très encadré de l'article 49-3 et la reconnaissance des langues dites "régionales".

Pragmatisme

D'aucuns pourraient penser que nous sommes, à notre tour, tombés dans un sarkozisme béat. Il s'en faut de beaucoup. Par contre il est vrai que nous avons jugé qu'il serait improductif de s'en tenir à une stratégie d'opposition doctrinale sur le modèle du Parti Socialiste, stratégie, qui comme on vient de le constater mène droit dans le mur. C'est parce qu'elle agit en formation bretonne libre et responsable que l'AFB-EKB a très tôt élaboré une série de propositions qu'elle a transmise à la comission Balladur*. C'est parce qu'elle se refuse à se contenter de slogans que l'AFB-EKB a pris contact dès le mois d'Avril avec le député de Loudéac Marc Le Fur pour le rencontrer, non pas seule à seul mais accompagnée de représentants de Kuzul ar Brezhoneg et Bodadeg ar Gelennerion Brezhoneg. Nous lui avons présenté sans détour et la situation présente de la langue bretonne et les mesures [l'application des lois et traités internationaux qui régissent ce domaine] qu'il fallait prendre pour que cesse une discrimination de fait. Nous l'avons aussi écouté sur la façon dont en haut lieu on voyait le problème
Nous ne ferons pas ici le décompte des députés et des sénateurs qui ici, en Bretagne, ont voté contre. Soit, pour une partie d'entre eux parce qu'ils restent arcboutés sur des positions idéologiques d'un autre âge, soit sous prétexte - et c'est fort honorable - que, comme l'a dit Marylise Le Branchu, "on attend aussi des gestes financiers du gouvernement". Nous aussi nous aurions voulu une ratification pure et simple de la Charte Européenne des Langues Minoritaires. Seulement fallait-il que comme le héron de la fable, faute de carpe ou de brochet, nous n'ayons même pas droit à un goujon ? La politique, on l'a dit, est l'art du possible. Un pas a été fait. Il nous faut maintenant passer à une seconde étape: donner de la consistance à un projet de loi qui sera présenté en fin de cette année.

Fermeté

Notre intérêt est donc, non pas de nous contenter de déclarations plus ou moins virulentes et d'actions dispersées qui laisseront le gouvernement agir selon un sénario bouclé d'avance, mais de nous concerter le plus largement possible afin d'élaborer ENSEMBLE ce que nous VOULONS voir inscrire dans cette loi. Ensuite il faudra bien faire comprendre que nous restons résolus. C'est pourquoi l'AFB-EKB va prendre contact, dans les prochaines semaines, avec toutes les personnes et organismes qui à titre ou un autre se soucient de l'expression majeure de l'identité bretonne: Ar Brezhoneg.

Cohérence

Nous sommes dans une époque où la pluralité linguistique mondiale est gravement menacée. Il existe environ 6 000 langues dans le monde. Parce que cette pluralité linguistique participe de la biodiversité nous sommes tous concernés. La langue bretonne garde des atouts. Elle a su prendre le virage de la révolution de l'internet et se situe au 51ème rang sur le web. Deux peuples qui nous sont proches par le cœur et la géographie sont actuellement en pleine reconquête linguistique: Les Gallois et les Basques. Cette reconquête ne serait pas en marche si elle ne s'appuyait pas sur une volonté d'émancipation sereine et ouverte sur le monde. Il ne tient qu'à nous de marcher à leurs côtés.
Mais il faut être clair. Ni les mesures de protection aussi généreuses soient-elles, ni les décrets ni les lois ne seront en mesure de contrecarrer un déclin linguistique. La seule parade se trouve dans l'énnoncé d'une évidence: pour continuer à vivre une langue doit être parlée ha mat pell'zo. Dimp ni da ober !

*Voir sur notre site internet.

An Dibikouzer.

Pennad-stur Hañv 2008

Hol linenn: pragmatism, dalc'husted, kenstag.

D'an 21 a viz Gouere an deputeed hag ar senatourien o deus asantet ouzh kemmadur ar Bonreizh gall ( 539 mouezh a-du en ur gontañ hini Jack Lang). En ur sell deus ar fedoù, ar fedoù nemetken, ar votadeg-se a zo krouiñ pe kemm 47 lodenn er Vonreizh. Evidomp ni ,Bretoned, e c'heller remerkañ ar fedoù pouezusañ: nerzhiadur ar Parlamant gall, pas muioc'h eget 2 prezidantelezh da-heul, implij strisoc'h an artikl 49-3 hag an asantimant evit lakaat ar yezhoù "rannvroel" er glad ar Republik.

Pragmatism.

Lod a c'hell soñj ni, tud an EKB, a zo kouezhet kehelourien diot Sarkozy . Pell ahane. Met gwir eo renerez an Emglev he deus prederiet e vefe difrouezhus chom peget ouzh ur strategiez-enebiñ tal-ouzh-tal heñvel gant hini ar Strollad sokialour. Ur seurt strategiez en dije kasset ac'hanomp neblec'h. O vezañ ur strollad breton, dishual ha kiriek, an AFB/EKB he devoa, abred awalc'h, aozet ur renkad kinnigoù evit ar rann-labour Balladur*. O nac'hañ chom war leve ar sloganioù, ni hon devoa ivez lakaet darempred , fin miz ebrel, gant Mark Ar Fur, kannad Loudieg. Ni zo aet da gejañ gantañ assambles gant un dilennadez Kuzul ar Brezhoneg hag un dilennad Bodad ar Gelennerien Brezhoneg. A-hed an emgav ni hon eus displeget dezhañ stad ar Brezhoneg a-vremañ hag ivez hor youl da gaout an emglevioù hag al lezennoù etrevroadel yezhourel da beurglotañ er Vro-ni. Ni hon eus klevet digantañ penaos e vije sellet deus ar gudenn-se e kreiz ar galloud-ren gall.
Ne fell ket dimp, er pennad-stur-mañ, kontañ ha digontañ ar c'hannaded hag ar senatourien, gwriennet e Breizh, hag o deus votet a-enep. Lod o deus hen graet abalamour chom a raent staget, 'vel brennigi, ouzh mennozioù politikel amzeriet. Lod all abalamour oant o c'hortoz " kinnigoù yalc'hadus digant ar gouarnamant" evel eo bet diskleriet gant kannadez Montroulez, Marylise Branchu. Ni ivez, a blijfe dimp kalz muioc'h ar votadeg peursinadur Karta Europeel ar Yezhoù Bihan. Ha memestra oamp o soñj deus mojenn ar C'hougkar-kleiz begfigus o vont da besketa . Ar politik, laret ' vez, a zo doare ar bossublaat. Ur pas zo bet graet memestra, pas ur c'hefeleg sañset heñvel ouzh hini an heol o adsevel koulz Nedeleg. Ingal eo, goude ' vo pas un oa. Dimp ni da adreiñ lañs d'an astr hepdale en ur "magañ" al lezenn hag e vo votet fin ar bloaz.

Dalc'husted.

Chom war leve ar radjal [ragach] evel piked pe kempenn oberennoù droch , pep-hini en e c'horn, ze a vefe dudius evit ar gouarnamant prest da bleustriñ war ur raglezenn a-zoare . Nann, red eo KEMPENN ASAMBLES ar pezh a fell dimp lakaat e-barzh al lezenn-se. Setu perag an AFB/EKB a skrivo er sizhunioù o tont d'ar re ha d'ar gevredigezhioù emaint oc'h ober diouzh ar Brezhoneg, arouez lugernusan ar Pobl vreton.

Kenstag.

Emaomp o vevañ en un amzer lec'h al liesterez yezhourel 'mañ en arvar da vat. Bout a zo 6000 yezh, dre vras, er bed a-bezh. Pephini ac'hanomp a renk soursial deus al liesterez yezhourel-se peogwir ober a ra lod eus ar Bioliesterez. Ar Brezhoneg, emichañs, n'eo ket maro mik. Lampet enkoulz gantañ en tren Internet lec'h eo arruet en 51ed renk. Div popl hag emaint en hon c'hichen, Ar Chembreiz hag ar Baskiz, o deus roet lañs d'an emsavadenn o yezh gant trec'hadenn. Ar "reconquista"se a zo efedus peogwir liammet eo gant ur c'hoantad-emrenerez plen ha digor war ar bed tro-dro. Ni ,Bretoned, hon eus nemet ha genstrivañ a-gevret ganto.
Met red eo komz sklaer ha net. Na muzulioù-gwareziñ brokus nag al lezennoù etrevroadel a vo kreñv awalc'h evit harzañ digresk ar Brezhoneg. N'eus ket da dortal, ar remed efedusañ a zo preg, kaozeal, komz Brezhoneg ha mat pell 'zo. Dimp ni da ober !

*E c'heller lenn anezho war hol lec'hienn internet.

An Dibikouzer.

Édito Printemps 2008

Coups de gueules!

Ce mois de mars a été fertile en évènements plus ou moins médiatisés aussi bien dans le vaste monde que proches de nous. Sans en méconnaître le degré de gravité, ils partagent un caractère commun: susciter notre indignation, notre coup de gueule.

Coup de gueule à propos du Tibet. Pourtant régi depuis des décennies par un pouvoir chinois qui, sous couvert de développement économique salutaire, vise à sa complète assimilation, le peuple tibétain s'est à nouveau soulevé sous une double bannière: celle de sa soif de liberté et celle de son attachement à son leader spirituel, le Dalai lama. À l'heure où le monde entier, la France "des droits de l'Homme" au tout premier rang, allait contribuer au triomphe des actuels dirigeants d'un pays devenu leader du monde, un " flocon de neige" est venu gripper la belle machine mettant en lumière le coté noir de l'Empire du milieu. Assez curieusement nos voisins de l'est s'en sont trouvé mal à l'aise. On dira plus loin pourquoi.

Coup de gueule à propos du projet de Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux transports, sur la réforme des écoles de la marine marchande. Dans une table ronde,* passée inaperçue, le gouvernement, sous couvert de doter les écoles d'hydro d'un nouveau statut enterre le statut régional créé par Raffarin et, chose absolument inadmissible pour la Bretagne, envisage la fermeture des deux seules écoles bretonnes: Nantes et Saint Malo. À l'exception de Jean Yves Le Drian, indigné de voir qu'après y avoir investi 300 000 €, la région se trouvait ainsi dépossèdée. On a lu nulle part quelque réaction du personnel politique breton, à l'exception de l'UMP René Couanau. On trouvera plus loin la façon dont l'AFB-EKB entend réagir. Toujours dans le chapitre maritime on rappellera que les archives de la marine entreposées à Brest vont être envoyées à ...Rochefort, fief électoral du même Bussereau. La "vocation maritime de la Bretagne", aux yeux de nos maitres, doit donc être réservée aux seules activités ludiques et au sanctuaire de la force de frappe. On constate aussi que les "Verts", d'habitude si prompts à brandir le fameux principe de précaution, restent étrangement silencieux sur le danger nucléaire et l'absence totale de mesures de protection des populations de l'agglomération Brestoise et de la Presqu'Île de Crozon, pourtant aux premières loges.

Coup de gueule encore à l 'annonce avec un certain culot, par la fondation Chirac et et le ministère de la culture, de la tenue des "états généraux du multilinguisme" à Paris le 26 septembre prochain "à l'occasion de la présidence française européenne". Tout cela au moment où un rapport de l'ONU, sous la signature de l'Experte indépendante Mme Gray Mc Dougall, dénonce l'ostracisme qui existe sur la question des minorités en France et tout particulièrement le non respect de l'article 27 du Pacte international sur les droits des minorités. Idem pour les articles 30 pour la Convention relative aux droits de l'enfant et pour le Protocole n°12 à la Convention des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Bien sûr il n'a été fait aucune mentionde ce rapport dans les médias. L' UNESCO ayant placé l'année 2008 sous l'égide de la protection de la pluralité linguistique, voilà un rapport et un évènement dont nous devons faire bon usage. Serons nous aussi fermes que les Tibètains ? La question est posée.

C'est en travaillant unis et de façon déterminés que les bretons participeront de plein droit à un monde où les raisons d'indignation seront moins flagrantes.

An Dibikouzer.

* journal Le Marin du Vendredi 8 Février 2008

Édito Automne 2007

Contradictions Rennaises.

Dans un article du journal Libération paru le 14 Décembre dernier, Jean Yves Le Drian déclare que "la Bretagne peut devenir un autre tigre celtique, un moteur de croissance pour la France et l'Europe comme nombre d'autres régions de France". Après avoir affirmé que les temps où notre pays exportait "ses Bécassines", pour le plus grand bonheur des riches Parisiens, étaient révolus - ce que nous lui accorderons bien volontiers - notre président régional célèbre à l'envie le présent, dont le défilé de la Breizh Touch en Septembre dernier à Paris serait la plus emblèmatique preuve de réussite et justifierait pleinement à ses yeux la pleine reconnaissance , je le cite: "de régions fortes dans un État fort". Un État régulateur capable de contrer l'hyperconcentration des moyens financiers, stratégiques et humains sur la mégalopôle parisienne, condition sine-qua-non pour faire émerger des régions adultes. Jusqu'ici nous ne pouvons qu'applaudir tout en soulignant que le chef de fil des socialistes "bretons" découvre ce que les militants bretons n'ont cessé de proclamer depuis de décennies. Une première interrogation tout de même: comment se fait-il que lorsqu'il avait le pouvoir à Paris le parti de Jean Yves Le Drian n'a jamais pu (voulu?) mettre en œuvre cette généreuse et clairvoyante politique?
La réponse nous est donné par Jean Yves Le Drian en personne puisque quelques lignes plus loin il récuse toute forme d'émancipation politique pour la Bretagne: "point d'indépendance et même d'autonomisme".

Mais Jean Yves Le Drian n'est pas à une contradiction près puisque plus loin dans son exposé il appelle à la rescourse le "fighting spirit" de l'Irlande pour insuffler aux Bretons un "Breizh Spirit" au service de la France et de l'Europe! Posons lui la simple question: si l'Irlande était restée sous la domination de Londres, aurait-elle pu atteindre son niveau de développement économique actuel? Quant à ce "fighting spirit" ne vise-t-il pas tant à servir la grandeur de la Grande Bretagne mais bien en premier lieu les Irlandais...

Autre interrogation: de quel "fighting spirit" Jean Yves Le Drian et ses "ministres" ont-ils fait preuve lors de la crise de la pêche et lors de l'imposition de la nouvelle carte judiciaire? La réponse est limpide: aucun puisqu'ils ont pour seule ambition de se contenter du statu-quo actuel, statut nullement remis en cause par un Parti Socialiste plus enclin à régler des comptes internes qu'à sortir du dogme centralisateur.
Aussi à moins d'être un benet sur le plan politique, on a de la peine à saisir comment la péninsule bretonne peut espérer atteindre ces objectifs en gardant un statut politique de seconde zone avec des ressources propres dérisoires, une amputation de 40% de son potentiel économique et une mise sous tutelle jalouse par un superpréfet fidèle exécutant les décisions d'un état central hostile à tout nouveau transfert de pouvoir. Pour le moment on assiste surtout à un transfert de charges. Le tout récent discours de MAM - ministre de l'intérieur - à Strasbourg a été sans détour sur la question: tout accroissement du pouvoir régional est exclu car ce serait ouvrir la porte au Fédéralisme. Voila l'ennemi.

Aussi pour remettre les choses au clair nous dirons à Jean Yves Le Drian et à ses collègues socialistes qu'il leur faut cesser de cultiver l'ambigüité. La Bretagne n'est pas une région mais un pays avec un peuple, le peuple breton qui constitue une nation, une nation sans état. Cette nation est englobée dans un état, l'État français qui impose sa culture majoritaire aux cultures minoritaires. Comme le rappelait récemment un journal israëlien, la France ne reconnait en son sein aucune minorité national et aucune autre langue officielle que le français. Aussi s'il fallait à Israel choisir comme modèle d'état celui de la France [autoqualifié d'exceptionnel], Israel devrait en toute logique imposer à tous ces citoyens une langue unique, l'Hébreu et imposer une homogéneisation culturelle à tous ses habitants, minorité arabe comprise. Voilà un aspect du problème que les envolés lyriques de notre président se sont bien gardées dévoquer.

An Dibikouzer

Édito été 2007

Contre exemple palestinien et actualité bretonne.

Ce qui se passe en Palestine doit inciter chaque militant breton à la réflexion. Voilà en effet un peuple victime depuis des décennies de spoliations territoriales et économiques ininterrompues qui, comme cela ne suffisait pas à son malheur, voit sa situation aggravée par une lutte fraticide entre deux fractions rivales le Hammas et le Fatah pour les nommer. Cette absurde spirale de la violence inter palestinienne a pour seuls résultats une aggravation considérable des souffrances de la population et le report à une échéance de plus en plus lontaine d'une solution négociée avec Israël. Autre conséquence: la peau de chagrin des territoires palestiniens se trouve désormais scindée entre deux directions politiques distinctes le Hammas controlant la bande de Gaza et le Fatah la Cisjordanie. Évidemment il serait naïf d'ignorer les dessous d'un tel ambroglio. Le Hammas, créé de toutes pièces à l'origine par les services spéciaux israéliens pour affaiblir le Fatah, a échappé à ses concepteurs à la fois nourri par la corruption régnant au sein du Fatah et par un radicalisme islamique sans faille. Il convient de ne pas ignorer non plus les interventions occultes étrangères "intéressées" visant à conforter l'un ou l'autre des adversaires, Iran pour l'un, une partie des Occidentaux pour l'autre.

En Bretagne , fort heureusement nous sommes loin d'une pareille situation. Il n'en reste pas moins que l'éparpillement des forces qui prétendent ici à arracher pour le Peuple breton un statut politique lui assurant une large maîtrise de ses affaires, est tout aussi contre-productif, pous ne pas dire suicidaire. Les récents résultats électoraux obtenus ici et là par les candidats du Parti Breton et de l'Union Démocratique Bretonne démontrent, sans ambiguïté aucune, que l'heure oblige au regroupement, à un moment où le camp qui nous est le plus hostile triomphe à Paris.

L'AFB-EKB avait jugé avec raison que présenter des candidats aux législatives constituait une erreur parce qu'il ne pouvait en résulter que dépenses et déception. Par contre il importait d'une façon ou d'une autre de nouer des liens ici et là pour préparer les municipales. C'est ce que nous avons fait de deux façons: d'une part en privilégiant le courant qui refuse l'affrontement primaire et dogmatique, d'autre part en posant les premiers jalons pour mettre en place une structure commune à tout le courant fédéraliste patriote. Une première rencontre a eu lieu, d'autres dorénavant vont suivre chacun ayant enfin compris que le temps du bluff et des antagonismes de personne est révolu.

Améliorer notre fonctionnement, renforcer nos liens internes et augmenter nos effectifs, telles sont les priorités pour les prochains mois afin de nous faire mieux cnnaitre auprès du grand public et d'être en mesure de préparer de façon mature et responsable cet indispensable travail en commun que beaucoup de militants sincères appellent de leur vœux. La nouvelle direction de notre mouvement, bien décidée à marcher dans cette voie, va donc dès cet été prendre des initiatives pour lancer l'idée d'une rencontre des forces, sans exclusive aucune, qui s'obstinent à croire, pour le Peuple breton, à un autre avenir que son assimilation "soft" dans le melting-pot hexagonal.

An Dibikouzer.

Édito printemps 2007

Ministère de l'Identité ou ... des Identités

Interviewée tout récemment dans l'émission télévisée hebdomadaire de Christine Ockrent, une députée hollandaise du parlement européen disait sa consternation face à la tonalité des déclarations et des prises de position des deux principaux candidats aux élections présidentielles françaises. De son point de vue l'irruption, avec comme objet majeur dans le débat, des affirmations sur l'identité française, prenait une tournure intolérable. Selon elle, la France donnait ainsi à ses partenaires européens l'image d'un pays plein de suffisance cultivant un nationalisme agressif et égoïste. Elle résumait sa pensée en parlant de : "régression infantile et communautariste" à l'opposé des attentes des voisins. Il est assez piquant de voir qu'un terme utilisé par la phraséologie officielle pour stigmatiser les identités et appartenances sortant du moule dominant se retourne contre ses inventeurs. C'est bien là le paradoxe à l'opposé de ce que nous serinent nos jacobins. Un pays dont la vocation première serait de porter son message universel et autoproclamé au reste du monde, donne de lui la vision d'une société aigrie et dominée par l'intolérance et le refus de l'altérité. De cette prétention à l'aveuglement devant les réalités internes et externes, il y a peu. Ce renfermement porte un nom : l'autisme. Notons d'ailleurs que d'autres personnalités que notre députée hollandaise perçoivent aussi cette dérive cocardière et réductrice du débat politique. Ainsi Michel Wierworka, dans un éditorial paru dans Ouest France du 2 avril, met lui aussi en garde contre cette "face noire de la force". Il épingle la démarche bonapartiste de Sarkozy et la façon dont la "Jeanne d'Arc du Poitou" a cru bon de lui emboiter le pas. Lui aussi dénonce cette vision d'un pays fermé qui serait menacé du dehors par la globalisation et la construction européenne, et du dedans par la poussée des identités ne rentrant pas dans le "moule", tout particulièrement les régionales.

Le discours prononcée à Caen (9 mars) par le candidat de l'UMP est symptomatique de cet état d'esprit : Alors que le mot France y est prononcé à 109 reprises, son discours de 9 pages ne mentionne pas une seule fois la construction européenne, aucun développement sur la politique étrangère, aucune proposition pour son projet économique et encore moins un quelconque intérêt pour le renforcement des pouvoirs régionaux. Un seul thème est retenu : celui d'une France mythique et éternelle se suffisant à elle-même face au méchant monde "anglo-saxon", falsifications et approximations historiques à l'appui. Quant à sa "commère", sur un mode plus décalé, reconnaissons le, elle n'est pas en reste et on se demande bien où est passé son projet de gouverner avec les régions. Il est vrai que faire connaissance avec les proches conseillers des protagonistes permet sans aucune ambigüité de savoir, au-delà des pirouettes tactiques et verbales de chacun, à quelle sauce les peuples et expressions identitaires autres que "la communauté libre des citoyens" seront traités. Ainsi l'ex ministre de l'intérieur a-t-il pris soin de nommer comme successeur un adepte pur sucre de la langue de bois et des réponses biaisées. Son principale conseiller occulte reste l'inamovible Claude Guéant un "grand" de la gente policière, zélé connaisseur des dossiers et des réseaux. D'autres encore comme Alain Bauer avec ses connections outre-Atlantique ou Brice Hortefeux, sans état d'âme quand nécessité oblige, sont les garants d'une "république qui a accompli le vieux rêve des rois et en a fait une nation une et indivisible".

L'ardente promotrice du Chabichou a su aussi s'entourer de personnages attachés à museler les "identités dissonantes". L'austère et distingué Jean-Louis Bianco, blanchi sous le harnois mitterrandien, a repris du service. Co-directeur de la campagne il est, comme Claude Guéant le fait chez Nicolas Sarkozy, chargé de valider la ligne. Même promotion de l'ENA, mêmes cravates, même métier. Pas plus Christian Chantepy, conseiller d'État, que l'ex-trotskyste Mme Anne-Sophie Petersen, n'ont en tête de conseiller une réforme de l'État qui s'inspirerait du modèle fédéral. D'ailleurs Julien Dray est là avec ses réseaux prêts à stigmatiser toute tentative qui ferait la part belle aux identités bretonnes ou basques.

À la lecture de ce qui précède il sera donc intéressant de lire les réponses aux 10 questions que nous leur avons adressées ainsi qu'aux 10 autres compétiteurs en lice. Sans trop nous tromper nous pouvons déjà prévoir que le candidat de l'UMP renouvellera son niet explicite à la ratification de la Charte Européenne sur les minorités. Madame Royal sera sans doute réticente à donner une réponse ferme sur le non cumul des mandats étant donné que 4% seulement des députés de son parti sont dans ce cas. Nous ne préjugerons pas du reste. D'abord soucieuse des intérêts de la Bretagne et de ses habitants, l'AFB-EKB jugera donc sur pièces à la suite de quoi elle ne manquera pas de suggérer la voie la moins mauvaise pour la sauvegarde de l'Hermine.

An Dibikouzer.

Juillet-Août 2006

Culture, Médias et Politique.

Voilà un thème que d'emblée, pour paraphraser un des acteurs les plus doués de notre époque, Fabrice Lucchini, il convient de définir comme "hénaurme". Aussi pour être plus concis, cette rubrique entend-t-elle y apporter quelques remarques et éléments de réflexion sous l'angle breton. Point de vue iconoclaste aussi. Pièce supplémentaire au tableau: s'interroger sur la suite à donner à la manifestation du 3 juin dernier à Rennes.

Depuis des décennies ceux que par commodité ou habitude on nomme les "défenseurs" de la culture bretonne ont agi de façon contradictoire: d'une part en participant aux manifestations estivales à usage touristique, ils ont conforté sans être toujours conscients les visées profondes du pouvoir central [affaiblir la revendication identitaire en la réduisant au rang du folklore]. Et à l'opposé, à intervals plus ou moins réguliers, ces "défenseurs" sont descendus dans la rue pour tenter d'interpeler ce même pouvoir central, ou ses représentants locaux, sur son refus de mettre en place des mesures appliquées presque partout ailleurs en Europe aux minorités pour la sauvegarde de leurs spécificités. La résurgence, due à l'apparition de Diwan (laquelle a entrainé dans son sillage Div Yezh et Dihun) de la question linguistique a compliqué la donne pour les jacobins lesquels ont réagi en aggrégeant aux festivals "purs-jus" de l'été les concepts de "mariage des cultures", de " rencontres citoyennes" et autres slogans utilisés à toutes les sauces. Objectif: entraver, sinon freiner, la prise de conscience nationale de la population bretonne qui l'amène(rait) à réfléchir sur ses droits politiques et du coup à en revendiquer l'application.

Autre caractéristique prédominante jusqu'il y a peu: le refus du monde culturel de s'engager politiquement auprès de forces politiques autochtones pour bien souvent confier leurs intérêts aux relais locaux des partis parisiens qui -et la démonstration a été faite à de multiples reprises- par leur essence même sont hostiles aux intérêts profonds du peuple breton. Avantage appréciable pour Paris: ces forces politiques bretonnes peinent à présenter des effectifs leur donnant la capacité d'entrer en compétition avec les partis hexagonaux. Autre conséquence: l'éparpillement des initiatives ne peut que renforcer le scepticisme des populations à leur encontre.

Les médias sont au diapason de ce pouvoir central qui n'attend au bout du compte ne rien lacher de son emprise. Ouest-France en tout premier. Avec un réseau d'acquisitions "hénaurmes" ce quotidien maille de façon implacable le territoire breton et s'évertue avec constance, par le biais d'un contrôle politique exercé par une ou deux personnes, à noyer la revendication bretonne dans un magmas correspondant à son aire de diffusion qualifié de "grand-ouest". Dans une moindre mesure, sans doute du fait de son ancrage finistérien, Le Télégramme participe au décervelage tout en se dédouanant à intervals réguliers par une chronique en langue bretonne de bon niveau. Notons que ces deux quotidiens utilisent pourtant sans vergogne la carte "Bretagne" avec leurs branches éditions. Il est vrai que c'est aussi là un moyen légal de faire des bénéfices supplémentaires. Une formule vient donc à l'esprit pour les qualifier: celle de "contrôleurs d'opinion", tout au moins pour l'information écrite.

La télévision n'est pas en reste. Alors que partout en Europe il existe des organismes portant les couleurs et la vision sur le monde des peuples avec ou sans état [etb, TvGalicia, S-Pedwarek, Tv catalugna etc...], ici nous avons assisté à la mise à mort de Tv Breizh et au retour d'une télé digne des temps de l'ère gauliste. Même chose, sinon en pire avec les radios dites "bleues".

Cet état d'esprit s'accorde avec ce que l'on a voulu en haut lieu: renforcer le pouvoir des préfets. Quoi de plus démonstratif que l'affaire de Teknival dans le Mor-Bihan? Gérée directement de Paris par le ministère de l'intérieur, avec comme inusable courroie la Préfète, cette manifestation est devenue le symbole de la sujétion bretonne nous ramenant au temps où Mirabeau déclarait aux députés bretons: "Vous êtes bretons, taisez vous, les français commandent !" La "Task force" Sarkozy est même allée au delà car elle est passée outre une décision de justice qui suspendait l'arrété de réquisition de l'aérodrome de Meucon par la préfecture de Vannes. François Goulard, ministre de la recherche, a été allègrement ignoré. On constate donc que dans ce pays la séparation des pouvoirs, fondement même de toute démocratie, n'existe plus. Cela préfigure t-il la façon dont le candidat à la présidence entend gérer l'hexagone s'il arrive au sommet? Remarquons au passage que dans toutes autre pays démocratique ce "passage en force" aurait entrainé la chute du ministre.

L'ampleur de la manifestation de Rennes, plus de 15 000 manifestants, [bien au delà des chiffres donnés le lendemain dans un article liliputien par nos deux compères de "désinformation" cités plus haut] constitue un tournant parce que, pour la première fois sans doute, revendication culturelle et revendication politique ont été exprimées au diapason. Certes on peut regretter quelques "couacs"": que Gouel ar brezhoneg n'ait pas eu l'idée d'accorder ses violons avec les initiateurs de la journée, que War Leur ait cru bon de préférer sa démonstration à Perroz, que Askol n'ait pas quitté ses terres léonardes. Ils en ont été les premières victimes... Il n'empêche. La ferveur et la volonté de réussir était là. il s'agit donc maintenant d'accentuer la poussée avec un seul objectif: rendre le mouvement irrésistible. Armée de sa sérénité et de sa volonté de rassemblement, l'AFB-EKB va donc inviter les différentes organisations et personnes emblèmatiques engagées dans la lutte, à se rencontrer fin Septembre pour construire ensemble une Plateforme de dévolution - Raktres Emrenerezh suffisemment incisive pour en faire l'un des enjeux incontournables de la présidentielle 2007 en Bretagne.

An Dibikouzer

Avril 2006

Joyeusetés françaises

Deux éléments ont marqué l'actualité et illustrent de façon significative la "démocratie" telle qu'elle se conçoit en France ces derniers mois.

Le premier, le C.P.E. élément de discorde qui était probablement une mauvaise réponse apportée à un vrai problème: s'attaquer à la diminution du chômage structurel chez les jeunes non qualifiés. Les manières à la hussarde d'un premier ministre "sur de lui et dominateur", ayant cru pouvoir se dispenser d'une concertation préalable avec les syndicats, conjugués aux réflexes d'une jeunesse persuadée que le pouvoir est dans la rue, le tout attisé par une opposition requinquée de façon inespérée, ont entretenu un feuilleton de plus de deux mois et demi qui vient de se terminer par la mort pure et simple d'une loi pourtant votée par une large majorité. Dominique de Villepin en est réduit à énoncé lui même le dépôt d'une nouvelle loi, pudiquement baptisée de remplacement.

Trois remarques s'imposent:

L'élection de députés pompeusement qualifiés de "représentation nationale" a-t-elle quelque valeur?
On mesure dans cette affaire le rôle insignifiant joué par le parlement même si en final il a bien fallu, pour se sortir du bourbier, lui redonner quelque peu la parole.
Autres constatations: la présidence n'a plus guère d'emprise sur le cours des évènements pas plus que l'opposition, à y regarder de plus près, n'a été en mesure d'offrir une claire alternative constructive. Tout cela au bout du compte traduit une crise de régime.

Autre fait, tout aussi inquiètant pour nous autres Bretons, l'affaire Jackie Berroyer. Cet adepte de l'humour tel qu'on le conçoit dans certaines sphères parisiennes s'était distingué en livrant sur RTL une chanson aux paroles peu ragoûtantes et à coup sur injurieuses pour la population bretonne. L'AFB-EKB avait envoyé un mail de protestation au directeur de l'émission qui s'était en retour platement excusé. Nous n'étions pas les seuls et l' UDB avait aussi protesté. Le collectif de Galv Karhaez, et c'est tout à son honneur, a été plus loin et a déposé une plainte auprès d'un procureur parisien pour "provocation à la haine raciale, diffamation et injures à caractère racial". Nous nous sommes trouvés à ses côtés pour approuver sa démarche, démarche qui à la réflexion aurait du être en premier celle du Président Le Drian. Pas plus que l'on a entendu d'ailleurs sos-racisme, pourtant d'habitude si prompt à sonner l'alarme sur ce genre d'affaire, appeler tout un chacun à "une solidarité citoyenne"! La démonstration est ainsi faite que l'indignation est sélective.

Dernier développement: la plainte vient d'être rejetée par le parquet du tribunal de grande instance de Paris et classée sans suite sous prétexte que dans une affaire similaire qui ridiculisait les Corses ceux ci se définnissent uniquement comme "par un lien de rattachement géographique et non par par un lien ethnique". On a compris que c'est là un raisonnement tout à fait arbitraire qui vise à conforter l'inexistence juridique d'un peuple corse ou d'un peuple breton. Évidemment ce jugement est scandaleux et dans sa réunion du 7 avril le Collectif Galv Karhaez a décidé à l'unanimité des présents de poursuivre l'action contre Berroyer et de déposer une seconde plainte auprès du doyen des juges de Paris. Mais attention, cela va avoir coût. C'est pourquoi nous ouvrons une souscription pour, en compagnie de Galv Karhaez, être en mesure de défendre l'honneur des Bretons. En sollicitant vos amis et vos proches vous ferez la démonstration que la solidarité bretonne dépasse le stade du simple slogan.

An Dibikouzer

Novembre 2005

Un Conseil régional qui joue "petits bras"?

Nous l'avions dit à l'issue des élections qui ont amené une nouvelle majorité à la tête du Conseil régional: à priori elle suscitait beaucoup d'espoir pour la Bretagne. Plus de 20 mois après son installation y a t-il lieu d'être satisfait? Pour l'observateur averti le bilan semble devoir être bien coûteux pour le contribuable et bien maigre pour les réalisations tangibles. Qu'on en juge.

Le déplacement en Chine d'une délégation de plus de 60 personnes n'a guère eu de retombées autres que médiatiques et on ne peut pas dire que l'activité des PME-PMI bretonnes s'en est trouvée stimulée. Pas plus qu'il est certain que le public chinois (fort restreint d'ailleurs) qui a suivi ces activités culturelles en ait tiré quelque connaissance du monde celtique en général et encore moins qu'il ait appréhendé une entité bretonne distincte du reste de l'hexagone.

Autre déplacement problématique: le déplacement de Pascale Loget, vice-présidente du Conseil régional, flanquée d'une délégation européenne de 35 personnes (dont les représentants de 6 régions françaises) au Brésil avec comme objectif bien fragile de conforter le dernier bastion producteur de soja non-OGM dans ce pays, l'état de Parana. Rappelons tout de même qu'à ce jour 95 millions d'hectares, c'est à dire 5% de la production agricole mondiale, sont cultivés en OGM. Alors politique visionnaire ou angélisme dispendieux? Affaire à suivre.

L'inauguration à Bruxelles par Jean Yves Le Drian de locaux partagés par les pdl et la région Poitou-Charentes s'apparente plus à une promotion du Grand-Ouest qu'à une représentation emblématique de la nation bretonne auprès de ses consoeurs européennes.

Volet supplémentaire au tableau, le recrutement d'un personnel pléthorique pour la Région: plus de 250 personnes! Notons au passage que la même politique est menée au niveau départemental mais là l'explication est essentiellement à trouver dans le transfert par l'état central de personnels et son désengagement dans le domaine social (prise en charge du RMI et des personnes âgées). Certes nous étions hostiles à la gestion malthusianiste de l'équipe de Rohan. Il n'en reste pas moins que l'on retrouve là la plaie du système politique français: accumuler les structures et par conséquent les dépenses. Il est assez déplorable que le parti socialiste ait froidement endossé ce nouvel habit sans que pour autant sa politique soit animée d'un souffle novateur. Comme la droite il ne remet rien en cause.

Et c'est bien cette ligne, conforter le statut quo, que l'on observe sur la question de la réunification: les participants à la manifestation de Sant Nazer, le 10 Octobre dernier, ont eu tout le loisir de connaître les limites et les priorités du pouvoir régional socialiste. Faute de mener une offensive vigoureuse pour ébranler le statut quo, les dirigeants¹ de la Bretagne-croupion évacuent la question en créant une commission mixte chargée de mener une politique "des petits pas" qui se réunira 2 fois par an et traitera de sujets qui ne fâchent pas: le tourisme, la culture et plus si affinités! Le président de "Bretagne réunie" a publiquement déclaré qu'il ne se contenterait plus de faux semblants. Si nous n'avons aucun doute sur sa sincérité, encore faudrait-il que le comité qu'il dirige ne vive plus sur des certitudes qui ont fait long feu. L'Alliance Fédéraliste Bretonne-Emglev Kevredel Breizh, nouveau poil à gratter de la majorité régionale, se déclare prête à épauler "Bretagne réunie" pour bâtir et conforter ensemble une indispensable nouvelle stratégie.

¹ à noter l'exclusion du parti socialiste de Jean Pierre Thomin sous prétexte de cumul de mandat. N'y aurait-il pas là une occasion d'affaiblir un élément trop remuant parce que trop "breton" au profit d'un candidat plus aligné sur la sensibilité hexagonale du parti? La multi mandature, ne gène aucunement, soit dit en passant, 4 ministres du gouvernement de Villepin, le ministre de l'intérieur étant le premier concerné.

An Dibikouzer

Août - Septembre 2005

L'exemple basque

S'il est un peuple en Europe vers lequel il convient de tourner nos regards et d'y puiser une inspiration, c'est bien le peuple basque. En premier lieu il faut dénoncer l'image fausse véhiculée en Bretagne par quelques esprits imprégnés de références historiques obsolètes (l'ère franquiste est loin) et liés à une frange ultra minoritaire de la société basque actuelle. La vérité est que le peuple basque en 2005 est certainement l'un des plus en pointe pour la reconquête de sa pleine souveraineté. Rappelons au préalable quelques faits historiques.

Premier élément: c'est le statut de Gernika de 1980 qui, dans le cadre d'une décentralisation poussée de l'état espagnol, donne au pays basque sud une large autonomie avec, élément essentiel, la maîtrise de 60% des ressources fiscales.
Deuxième élément: depuis cette date c'est une coalition EAJ-PNV/EA(centre droit/centre gauche) qui dirige le pays avec pour constante ambition deux axes majeurs:
l'élargissement du statut d'autonomie accompagnant une dynamique économique optimiste (7% de chômage) et la reconquête linguistique.
Tout cela dans un contexte où la violence terroriste d'ETA était loin de faciliter les choses La récente actualité démontre pourtant avec brio que les deux objectifs cités plus haut sont en passe d'être atteints.

Avec la réélection pour la troisième fois consécutive, le 23 Juin dernier, de Juan Jose IBARRETXE comme Lehendakari 1 , face au candidat commun de la droite et de la gauche espagnole Patxi LOPEZ, le gouvernement tripartite basque va poursuivre son travail de développement économique et culturel mais aussi établir les bases d'un dialogue entre toutes les fractions politiques pour l'approfondissement de l'autonomie et de la paix sous la forme d'un état associé à l'état espagnol: c'est ce que l'on nomme le plan IBARRETXE. Tout ceci contraste fort avec la réalité au nord de la Bidassoa où face à un état centralisateur et endetté (1 100 milliards d'€), on peine à obtenir un département basque et où une véritable politique linguistique fait cruellement défaut même si l'état d'esprit populaire est autrement "battant" qu'en Bretagne. Le gouvernement autonome quant à lui considère comme son devoir de pallier à ces distorsions, "Zaspiak Bat" oblige.

Ici en Bretagne, les espérances de beaucoup de militants, suscitées par l'entrée au Conseil Régional d'une fraction bretonne, risque d'être déçues car on a de plus en plus la sensation que dans l'attente des présidentielles de 2007 tout est figé. On mesure là le danger d'une soumission au calendrier socialiste hexagonal. Idem pour la réunification. La stratégie de "Bretagne Réunie" (s'il en existe véritablement une) semblant se résumer à: pas de vagues avec les notables du Parti socialiste. C'est pourquoi il convient plus que jamais de renforcer les échanges, les passerelles, le dialogue constructif, loin des egos et des "bis bises individualistes", entre celles et ceux qui aspirent à rendre au peuple breton l'exercice d'une certaine dose de souveraineté. L' AFB/EKB persiste et signe dans cette voie avec pour critères essentiels la pleine adhésion à la construction européenne et le refus des discours ou des postures extrémistes. Attitude qui n'exclut nullement la fermeté et la cohérence des positions.

An Dibikouzer


1Leader, Président - Le dernier gouvernement basque est composé de 12 membres dont 5 femmes. Le parlement issu des élections du 17 Avril dernier (75 députés dont 52% de femmes) vient d'élire sa présidente: Izaskun BILBAO.